689 - "Est-ce vraiment la fin Gandalf ?" (Notes du 30 janvier 2005)
Mon père vient de me parler.
"Tu tires un trait sur Paris. Maintenant, c'est clair et net, il faut prendre le taureau par les cornes, et patati et patata..."
J'ai dit oui et puis aussi, tout ce qu'il avait envie d'entendre.
Il n'a même pas relevé le peu de conviction que j'avais dans ma voix.
Ca a duré 2 minutes.
Il s'est levé de mon lit sur lequel il s'était assis et il a quitté ma chambre.
Pour me consoler, je me suis dit : "c'est pas grave, je me tuerai."
Ca me rassure de me dire ça. Ca me laisse une porte de sortie.
Au moins, je peux me dire : " j'aurai toujours le choix."
Pendant que j'écris ces phrases, je me dis que le meilleur moyen ce serait un accident de voiture, au moins on ne médirait pas sur mes parents dans leur petit bled de 900 âmes. C'est pas comme si je me pendais : toutes les mauvaises langues s'activeraient dans la pharmacie de mes parents, viendraient voir avec cette curiosité morbide mes parents et mon frère au comptoir, elles viendraient se nourrir de leur chagrin...
Si je me tue en voiture, on pourra facilement croire que c'est un accident. J'ai pas envie qu'après ma mort, les gens parlent dans le dos de mes parents, que les potins se déchaînent et n'accroissent la douleur de mes parents.
Je pleure parce que je ne me suis jamais aussi senti étranger à cette famille dont je fais pourtant partie.
Mes parents m'ont tellement infantilisé durant tant d'années qu'ils m'ont rendu comme inadapté à la vie. Ma mère n'a pour seule réponse que : "on a cru bien faire."
Certes, mais ils ont très mal fait...
Ils ont été avec moi, des "monstres" : mon père est un monstre froid, qui perd très vite son sang-froid et m'a tarté, giflé, frappé plus que de raison, qui ne s'est jamais montré affectueux envers moi et qui a cru que m'humilier me stimulerait... Ma mère ne voit que moi, "le petit dernier", elle ne voit que par moi et en est étiuffante d'amour... Elle est comme le lierre, elle étreint, serre aspire l'énergie de l'autre jusqu'à l'en tuer... Elle est étouffante d'amour, d'affection et d'attention...
Ma vie est un costume étriqué, qui me serre au coeur, m'étouffe et me tue.
J'hume l'air que je respire, je le goûte comme si ça devait être la dernière fois que je respire.
Dans ces moments-là, je me dis que je décide que ma vie ne m'appartient plus. Je suis trop découragé et désespéré pour en faire ce que je veux.
Je suis triste parce que je me dis que je ne verrai pas grandir A***** et A***** ma nièce de 4 ans et mon neveu de 1 mois.
Ce soir, France2 a diffusé "un crime au paradis".
Je vois Suzane Flon qui -hormis la voix- me rappelle Mamie et cette simple évocation de celle qui m'a elevé et qui a le plus compté dans ma vie suffit à noyer mes yeux de larmes...
Suzanne Flon et Jacques Villeret, c'est un peu Mamie et moi.
Je ne veux pas mourir pour leur faire de la peine. Je ne leur en veux pas vraiment.
Je veux mourir pour être libre.
Je suis prisonnier de ma vie.
Enfermé dans un corps.
Et mon corps est enchaîné à un esprit dont il ne veut plus.
Mes parents ne sont responsables de rien, juste d ene pas m'avoir compris ou plutôt de n'avoir pas cherché à me comprendre.
Ils sont juste responsables de m'avoir etouffé.
Toujours ce déséquilibre affectif entre un père qui m'a presque parfois méprisé et une mère qui n'a toujours vu que moi, par moi et pour moi.
Tout ça n'a pas du arranger ma psychasténie...
Ma mère est un lierre qui m'a etouffé et qui aura étouffé toute la famille de son amour qui dissimule des peurs, des angoisses et des complexes.
Mon père est un monstre froid dont je n'oublierai jamais ses cris, ses coups de paume sur la tête, ses coups de pied dans le dos et sa manie du bruillon propre et sans râture quand il me faisait faire les devoirs...
Cris d'asthme.
Je m'étouffe dans mon lit.
Assis, les jambes sous les draps, le dos au mur, mes feuilles et mon style-plume préféré sur mes genoux, j'aimerai que dans une ultime tentative pour récupérer mon souffle, je m'étouffe, que la Mort vienne me chercher ainsi.
J'aimerai m'étouffer pour de bon, là, ici et maintenant.
Mes parents ont toujours été jaloux du lien, de la relation que j'avaia savec ma grand-mère. Mon père qui était son fils unique, ma mère et mon frère ont toujours fait en sorte de casser en moi son image.
Ils n'ont jamais compris ce qu'elle représentait pour moi, en contraste d'eux...
La vie avec elle a été heureuse, au-delà du raisonnable.
Ca restera pour toujours, en moi, l'image même du bonheur.
Mamie c'est l'autonomie
Mes parents, ce fut l'infantilisation.
Mamie, c'est le sourire à chaque fois qu'elle me voyait.
Ma mère, c'est les pleurs, la fatigue permanente, les comportements hystériques, les prises de tête, les délires ; mon père c'est les cris, les cris et puis les cris. Et les engueulades aussi.
Mamie c'est la liberté et la responsabilité.
Eux, c'est le contrôle et la surveillance en permanence : qui je vois, où je vais, si ma mère connaît bidule ou machin, où je suis, ce que je mange....
31/01/05 - 16:53
Arrête de dire des conneries. Arrête de penser que tout est définitif. Les choses peuvent changer, si tu le désires.
sicklysweet